© Wild Rabbits Architects

Crèche en papier à Paris par Wild Rabbits Architects

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Construire une crèche de 44 berceaux sur un parking enclavée par 450 logements de Paris Habitat, telle fut la tâche de Wild Rabbits Architects. Le projet se situe à quelques pas de l’école d’architecture de Paris-Belleville dans la rue Piat. Lancé en 2010, le concours lancé par Paris Habitat a réuni les cabinets Soisick CLERET architecte ; LLB Architecture / LLAMATA + BERTHIER ; François NOEL architecte ; Atelier WRA Vladimir Doray, Fabrice Lagarde architectes, c’est finalement le duo Vladimir Doray et Fabrice Lagarde qui remporta le projet. Le chantier commencera au printemps de cette année.

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La nouvelle crèche se positionne au centre d’ilots de logements de Paris Habitat, elle vise à remplacer une crèche située actuellement au rez-de-chaussée. Cette crèche sera désaffectée et remplacée par deux bâtiments qui totaliseront douze logements sociaux dont les architectes assurent la maîtrise d’oeuvre. Ils ont donc par conséquents porté toutes leurs attentions sur la cinquième façade qui constitue la principale vue des logements.

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La crèche est accessible via un corridor traversant l’immeuble de la rue Piat, il conduit à un escalier en deux volées et à un ascenseur pour les parents ayant des poussettes. Le visiteur arrive dans cette crèche aux plis tels un origami en papier. Cet espace occupe une petite bande dans le sens de la longueur du parking, il profite de son orientation pour offrir une cours protégée du vent. Ouverte sur le parking qui recevra un traitement paysager, la crèche bénéficie d’un effet de masque moins important grâce au recul des bâtiments voisins et de leurs hauteurs plus faibles que ceux de la rue Piat. Le bâtiment affiche une consommation énergétique de 50 kWh/m². Le cofondateur de Wild Rabbits Architects, Vladimir Doray a répondu à quelques questions de Kiiwan Projects.

Kévin Poireau : De quoi est née l’idée de l’origami ?

Vladimir Doray : L’origami est une figure récurrente de l’architecture contemporaine qui a trouvé ici une application particulièrement adaptée au programme et au site. L’image du bâtiment est conçue à l’usage des riverains qui surplombent le projet. Notre intention est de réaliser un bâtiment aussi léger que possible et de restituer en toiture de façon très qualitative l’espace vert’ mal défini qui existe actuellement sur la dalle de parking où nous allons construire. Nous avons imaginé une immense feuille de papier venue se poser sur le bord du volume existant et se plier pour recouvrir l’espace de la crèche. Le sol, la façade ouest et le toit sont continus. Les plis en toiture suivent les sheds qui éclairent l’intérieur du projet et donnent à l’ensemble l’allure nerveuse d’un avion en papier, d’un éventail… L’origami est une référence à la fois très « architectes » au sens où elle permet d’inscrire le bâtiment dans une écriture contemporaine et de résoudre le sujet du jardin en toiture avec une certaine économie de moyen. C’est aussi un univers qui nous semble adaptée au sujet de la petite enfance et qui pourra faire sens pour le grand public.

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Kévin Poireau : Le parking enterré est existant, sa réduction est-elle compensée ?

Vladimir Doray : Le parking existant mesure 20m de large alors que 16 mètres sont suffisants. C’était au départ un parking mécanisé très sophistiqué mais l’expérience s’est avérée peu concluante. Les mécanismes ont étés démontés reste une surface jusque là inexploitée dont nous allons utiliser une partie pour la crèche. Il n’y a pas de perte de stationnement mais une meilleure utilisation de la surface existante.

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Kévin Poireau : Avez-vous une façade d’entrée ?

Vladimir Doray : La position en coeur nous a offert l’opportunité assez rare à paris de concevoir un bâtiment doté de cinq façades dont une toiture offerte au regard de plusieurs centaines de logements en surplomb. Cette position en revanche empêche toute visibilité directe de l’équipement depuis la rue. Nous avons donc trouvé un subterfuge pour l’indiquer grâce à la galerie d’accès en rez-de-chaussée. Cette dernière semble venir de la cour pour connecter l’équipement à l’espace publique en passant sous l’immeuble de logement existant. Le portail d’entrée de la galerie est ouvert sur la rue. Il est modelé pour figurer une petite maison qui signale l’équipement pour la petite enfance.

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Pour conclure, Vladimir Doray témoigne sur son ressenti du projet : « Ce que nous adorons dans ce projet c’est le tour de magie qui consiste à faire disparaitre les gigantesques logements qui surplombent la crèche! La séquence est la suivante : l’entrée est une toute petite maison au pied d’un grand immeuble. On emprunte la galerie puis l’escalier ou l’ascenseur qui mènent au coeur de l’équipement et à ce moment là les bâtiments alentours ont disparus. Cette illusion est somme toute assez basic puisque l’on oriente simplement les vues de sorte à ne montrer que les parties dégagées du site mais elle fonctionne! Au delà de l’effet dont les usagers seront probablement inconscient, nous avons l’impression que cela touche à un point essentiel puisqu’il s’agit de tirer le meilleur parti du site : un beau jardin pour les riverains, une vue dégagée pour la crèche ».

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  • Date de concours : 2010
  • Début des travaux : printemps 2012
  • Date de livraison : 2014

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